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LA MISSION DE L’ÉGLISE ORTHODOXE DANS LE MONDE CONTEMPORAIN

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LA MISSION DE L’ÉGLISE ORTHODOXE DANS LE MONDE CONTEMPORAIN

La contribution de l’Église orthodoxe à la réalisation de la paix, de la justice,
de la liberté, de la fraternité et de l’amour entre les peuples,
et à la suppression des discriminations raciales et autres

« Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle » (Jn 3, 16). L’Église du Christ vit « dans le monde », mais elle « n’est pas de ce monde » (Jn 17, 11 et 14-15). L’Église en tant que Corps du Verbe de Dieu incarné (Jean Chrysostome, homélie avant l’exil I, 2. PG 52, 429) est la « présence » vivante, le signe et l’image du Royaume du Dieu trinitaire dans l’histoire ; présence annonçant une « nouvelle créature »(II Co 5, 17), « des cieux nouveaux et une terre nouvelle… où la justice habite » (II  Pierre 3, 13). Un monde dans lequel Dieu « essuiera toute larme de leurs yeux, la mort ne sera plus, il n’y aura ni deuil, ni cri, ni souffrance » (Ap 21, 4-5).

Cette attente est déjà vécue et goûtée d’avance dans l’Église, par excellence chaque fois qu’elle célèbre la divine Eucharistie et que se réunissent « en assemblée » (I Co 11, 17) les enfants dispersés de Dieu, en un corps sans distinction de race, de sexe, d’âge, d’origine sociale ou toute autre forme de distinction, là ou « il n’y a plus ni Juif, ni Grec, il n’y a plus ni esclave, ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme » (Ga 3, 28, cf. aussi Col 3, 11), dans un monde de réconciliation, de paix et d’amour.

L’Église vit aussi cet avant-goût de la « nouvelle créature », du monde transformé à travers ses Saints qui, par l’ascèse et par leur vertu, sont déjà devenus dans cette vie des représentations du Royaume de Dieu, montrant et assurant ainsi que l’attente d’un monde de paix, de justice et d’amour n’est pas une utopie, mais, « une ferme assurance des choses qu’on espère » (He 11, 1) qui est possible avec la grâce de Dieu et la lutte spirituelle de l’homme.

Continuellement inspirée par l’attente et par cet avant-goût du Royaume de Dieu, l’Église ne reste pas indifférente aux problèmes de l’homme à toutes les époques ; tout au contraire elle participe à son angoisse et ses problèmes existentiels, ôtant, comme son Seigneur, la douleur, les blessures, suscitées par le mal qui agit dans le monde et comme le bon Samaritain, panse ses plaies, en y versant de l’huile et du vin (Lc 10, 34) « par la parole de patience et de consolation » (Rm 15, 4 ; He 13, 22) et par l’amour actif. Sa parole envers le monde n’a pas comme but principal de dénoncer, de juger ou de condamner le monde (Jn 3, 17 et 12, 47), mais de lui procurer comme guide l’Évangile du Royaume de Dieu, l’espoir et la certitude que le mal, sous n’importe quelle forme, n’a pas le dernier mot dans l’histoire et qu’il ne faut pas lui laisser diriger son parcours.

Diffuser le message de l’Évangile conformément au dernier commandement du Christ « Allez donc : de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28, 19) constitue la mission pérenne de l’Église. Cet apostolat doit s’accomplir non pas de façon agressive ou sous diverses formes de prosélytisme, mais dans l’amour, l’humilité et le respect envers l’identité de chaque être humain et la spécificité culturelle de chaque peuple. Toutes les Églises orthodoxes doivent contribuer à cet effort missionaire.

Puisant dans ces principes, dans l’expérience et enseignement de sa tradition patristique, liturgique et ascétique, l’Église orthodoxe participe au questionnement et à l’angoisse de l’homme contemporain sur des questions existentielles fondamentales qui préoccupent le monde d’aujourd’hui, soucieuse de contribuer à leur solution pour que la paix de Dieu « qui surpasse toute intelligence » (Ph 4, 7), la réconciliation et l’amour prévalent dans le monde.

A. La valeur de la personne humaine

  1. La valeur de la personne humaine, découlant de la création de l’homme à l’image et à la ressemblance de Dieu, ainsi que de sa mission dans le plan conçu par Dieu pour l’homme et le monde, fut la source d’inspiration pour les Pères de l’Église qui se sont penchés sur le mystère de l’économie divine. Saint Grégoire le Théologien souligne dans ce contexte que le Créateur « a placé l’homme sur terre, tel un second monde, macrocosme dans le microcosme, tel un autre ange, un être double crée pour L’adorer, un surveillant de la création visible, un initié du monde intelligible, un être régnant sur les êtres de la terre (…) un être vivant dans ce monde et aspirant à un autre, l’achèvement du mystère, s’approchant de Dieu par la théosis » (Grégoire le Théologien, Discours45, 7. PG 36, 632AB). Le but de l’incarnation du Dieu Verbe est la déification de l’homme. Le Christ, renouvelant en Lui-même l’ancien Adam (cf. Ep 2, 15), « divinisait, ce faisant, l’homme entier, ce qui constituait le début de l’accomplissement de notre espérance » (Eusèbe, Demostr. Evang. 4, 14. PG 22, 289A). Car, de même que dans l’ancien Adam tout le genre humain était déjà contenu, de même, dans le nouvel Adam, tout le genre humain est récapitulé. « Le Fils unique de Dieu est devenu homme… pour récapituler et rétablir à l’état originel le genre humain qui était déchu » (Cyrille de Jérusalem, In Comm. In Joan. IX. PG 74, 273D-275A). Cet enseignement de l’Église est une source intarissable de tout effort chrétien pour sauvegarder la valeur et la magnificence de la personne humaine.
  2. Sur cette base, il est indispensable de développer dans toutes les directions la collaboration interchrétienne pour protéger la valeur de l’homme et, bien sûr, également le bien qu’est la paix, de manière à ce que les efforts pacifiques des chrétiens sans exception acquièrent plus de poids et de force.
  3. L’acceptation commune de la valeur unique que revêt la personne humaine peut servir de présupposé à une collaboration plus étendue en ce domaine. Les Églises orthodoxes locales sont appelées à contribuer à la concertation et collaboration interreligieuse, pour la coexistence pacifique et la cohésion sociale des peuples, sans que cela implique un syncrétisme religieux, quel qu’il soit.
  4. Nous sommes persuadés que’« travaillant ensemble à l’œuvre de Dieu » (I Co 3, 9), nous pouvons progresser dans ce ministère en commun avec tous les hommes de bonne volonté aimant la paix selon Dieu pour le bien de la communauté humaine, au niveau local, national et international. Ce ministère est un commandement de Dieu (Mt 5, 9.)

B. Liberté et responsabilité

  1. La liberté est l’un des plus grands dons faits à l’homme. « Dieu a créé l’homme initialement libre et lui a donné le libre arbitre, avec comme seule restriction la loi du commandement » (Grégoire le Théologien, Discours 14, 25. PG 35, 892A). Tout en rendant l’homme capable de progresser vers la perfection spirituelle, la liberté implique le risque de désobéissance à Dieu, d’indépendance envers Dieu et, par conséquent, de chute, d’où les conséquences tragiques du mal dans le monde.
  2. Une des conséquences de ce mal sont les imperfections et les manquements qui sont l’apanage de notre temps, tels : la sécularisation, la violence, le relâchement des mœurs ; les phénomènes malsains générés par la dépendance aux stupéfiants et autres addictions surtout dans une partie de la jeunesse contemporaine ; le racisme, les armements, les guerres et les maux sociaux causés par eux ; l’oppression de groupes sociaux, de communautés religieuses, de peuples entiers ; les inégalités sociales, les restrictions des droits de l’homme touchant à la liberté de conscience et tout particulièrement à la liberté religieuse ; la désinformation et la manipulation de l’opinion publique ; le dénuement économique, l’injustice dans la répartition, voire la pénurie des biens élémentaires pour la vie, la famine de millions d’hommes sous-alimentés ; les déportations violentes, le trafic d’êtres humains, l’afflux chaotique des réfugiés ; la destruction de l’environnement ; l’usage incontrôlé de la biotechnologie et biomédecine génétique par rapport au commencement, à la durée et à la fin de la vie humaine – tout cela entretient l’angoisse infinie dans laquelle se débat l’humanité de nos jours.
  3. Face à cette situation, qui a conduit à l’affaiblissement du concept de personne humaine, il incombe aujourd’hui à l’Église orthodoxe de faire valoir – à travers sa prédication, sa théologie, son culte et son activité pastorale – la vérité de la liberté en Christ. « Tout est permis, mais tout n’est pas utile ; tout est permis, mais tout n’édifie pas. Que personne ne cherche son propre intérêt, mais que chacun cherche celui d’autrui… Je parle ici, non de votre conscience, mais de celle de l’autre. Pourquoi, en effet, ma liberté serait-elle jugée par une conscience étrangère ? » (I Co 10, 23-24 ; 10, 29). La liberté sans responsabilité et sans amour mène finalement à la perte de la liberté.

C. De la paix et de la justice

  1. L’Église orthodoxe reconnaît et souligne diachroniquement la place centrale de la paix et de la justice dans la vie humaine. La révélation en Christ elle-même est qualifiée d’« évangile de paix »(Ep 6, 15), car le Christ « en instaurant la paix par le sang de sa Croix » (Col 1, 20), « est venu proclamer la paix, paix pour vous qui étiez loin, paix pour ceux qui étaient proches » (Ep 2, 17). Il est devenu « notre paix » (Ep 2, 14). Cette paix « qui surpasse toute intelligence » (Ph 4, 7), est – comme le Christ lui-même l’a dit à ses apôtres avant sa Passion – plus large et plus essentielle que celle promise par le monde : « Je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne ; je ne vous la donne pas comme le monde la donne » (Jn 14, 27). Car la paix du Christ est le fruit mûr de la récapitulation de toutes choses en Lui ; de la valeur et de la grandeur de la personne humaine, en tant qu’image de Dieu ; de la manifestation de l’unité organique du genre humain et du monde en Lui ; de l’universalité des principes de paix, de liberté et de justice sociale ; et enfin de la fécondité de l’amour chrétien entre les hommes et les peuples. La véritable paix est le fruit du triomphe sur terre de tous ces principes chrétiens. C’est la paix qui vient d’en haut que l’Église orthodoxe appelle toujours de ses vœux dans ses prières quotidiennes, en la demandant à Dieu qui peut tout et qui exauce les prières de ceux qui viennent à Lui avec foi.
  2. Ce qui précède montre clairement pourquoi l’Église, en tant que « corps du Christ » (I Co 12, 27), prie toujours pour la paix du monde entier laquelle, selon Clément d’Alexandrie, est synonyme de la justice (Stromates 4, 25. PG 8, 1369B-72A). Basile le Grand ajoute : « Je ne peux me convaincre que je suis digne d’être appelé serviteur de Jésus-Christ si je ne suis pas à même d’aimer les autres et de vivre en paix avec tout le monde – au moins en ce qui dépend de moi » (Lettre 203, 1. PG 32, 737B). Comme le même Père le note, cela est tellement naturel pour le chrétien qu’on pourrait affirmer qu’ « il n’y a rien d’aussi spécifiquement chrétien que d’œuvrer en faveur de la paix »(Lettre 114. PG 32, 528B). La paix du Christ est la force mystique qui prend sa source dans la réconciliation de l’homme avec Son Père céleste, « grâce à la providence de Jésus qui opère tout en tous, crée une paix indicible prédestinée depuis le début des siècles, nous réconcilie avec lui-même et, à travers lui-même, avec le Père » (Denys Aréopagite, De nom. div. 11, 5. PG 3, 953AB).
  3. Nous devons, en même temps, souligner que les dons de la paix et de la justice dépendent aussi de la synergie humaine. Le Saint-Esprit accorde les dons spirituels, lorsque nous cherchons dans le repentir la paix et la justice de Dieu. Ces dons de paix et de justice se réalisent là où les chrétiens font des efforts en faveur de la foi, de l’amour et de l’espérance en Jésus-Christ notre Seigneur (I Th1, 3).
  4. Le péché est une maladie spirituelle dont les symptômes visibles sont les agitations, les discordes, les crimes et les guerres avec leurs conséquences tragiques. L’Église cherche à guérir non seulement les symptômes de cette maladie, mais aussi la maladie elle-même, le péché.
  5. En même temps, l’Église orthodoxe pense qu’il est de son devoir d’encourager tout ce qui est mis réellement au service de la paix (cf. Rm 14, 19) et qui ouvre la voie vers la justice, la fraternité, la véritable liberté et l’amour mutuel entre tous les enfants de l’unique Père céleste, ainsi qu’entre tous les peuples qui constituent une seule famille humaine. Elle compatit à tous ceux qui, dans différentes parties du monde, sont privés des biens de la paix et de la justice.

D. La paix et la prévention de la guerre

  1. L’Église du Christ condamne la guerre de manière générale, car elle la considère comme conséquence du mal et du péché dans le monde. « D’où viennent les luttes, et d’où viennent les querelles parmi vous ? N’est-ce pas de vos passions qui combattent dans vos membres ? » (Jc 4, 1).Chaque guerre constitue une menace destructive pour la création et la vie.Tout particulièrement, en cas de guerres menées avec des armes de destruction massive, les conséquences seraient terrifiantes, car, non seulement elles causeraient la mort d’un nombre incalculable d’êtres humains, mais aussi car la vie des survivants deviendrait insupportable. Des maladies incurables apparaîtraient, des mutations génétiques et d’autres maux seraient provoqués affectant gravement les générations futures.Ce n’est pas seulement l’armement nucléaire qui est très dangereux, mais l’armement chimique et biologique, ainsi que toute forme d’armement, qui suscitent une illusion de suprématie et de domination sur le monde environnant. Ce type d’armement entretient un climat de peur et de manque de confiance, et cause une nouvelle course aux armements.
  2. L’Église du Christ, considérant principalement que la guerre est issue du mal et du péché dans le monde, encourage toute initiative et effort pour prévenir ou empêcher la guerre par le dialogue et tout autre moyen approprié. Au cas où la guerre deviendrait inévitable, l’Église continue de prier et de prendre soin pastoralement de ses enfants qui sont impliqués dans les conflits armés pour défendre leur vie et leur liberté, déployant tout effort pour le rétablissement le plus rapide possible de la paix.
  3. L’Église orthodoxe condamne fermement les multiples conflits et guerres motivés par un fanatisme dérivant de principes religieux. La tendance sans cesse croissante d’augmentation des répressions et persécutions des chrétiens et d’autres communautés à cause de leur foi au Moyen Orient et ailleurs, ainsi que les tentatives de déraciner le christianisme de son berceau historique, suscitent profonde une préoccupation. Ainsi sont menacées les relations existantes interreligieuses et internationales, alors que de nombreux chrétiens sont forcés de quitter leurs foyers. Les orthodoxes du monde entier compatissent à leurs frères chrétiens et aux autres persécutés dans cette région, et appellent à trouver une solution équitable et permanente des problèmes de la région.L’Église orthodoxe condamne aussi les guerres inspirées par nationalisme, celles provoquant des épurations ethniques, des changements de frontières étatiques et l’occupation de territoires.

E. L’Église orthodoxe face aux discriminations

  1. Le Seigneur, Roi de justice (cf. He 7, 2-3), désapprouve la violence et l’injustice (cf. Ps 10, 5), et condamne le comportement inhumain envers le prochain (cf. Mc 25, 41-46 et Jc 2, 15-16). Dans Son royaume – dont l’Église est l’image et la présence dans le monde – il n’y a aucune place ni pour la haine, ni pour l’inimitié et l’intolérance (cf. Es 11, 6 et Rm 12, 10).
  2. La position de l’Église orthodoxe sur ce sujet est tout à fait claire : l’Église orthodoxe a la foi que Dieu « à partir d’un seul homme a créé tous les peuples pour habiter toute la surface de la terre »(Ac 17, 26) et que, en Christ, « il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus ni homme ni femme, car tous vous ne faites qu’un » (Gal 3, 28). À la question, « qui est mon prochain ? », le Christ a répondu avec la parabole du bon Samaritain (Lc 10, 25-37). Il a ainsi enseigné d’abolir toute barrière d’inimitié et de préjugé. L’Église orthodoxe confesse que chaque être humain – indépendamment de couleur, de religion, de race, de sexe, de nationalité et de langue – est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, et qu’il jouit des mêmes droits dans la société. Conformément à sa foi, l’Église refuse la discrimination sous les formes énumérées ci-dessus, supposant une distinction dans la dignité entre personnes.
  3. L’Église, dans l’esprit du respect des droits de l’homme et de l’égalité de traitement des hommes, envisage l’application de ces principes à la lumière de sa doctrine sur les sacrements, la famille, la place de l’homme et de la femme dans l’Église, et les valeurs de la tradition ecclésiale en général. L’Église possède le droit de déclarer sa doctrine et d’en témoigner publiquement.

F. La mission de l’Église orthodoxe,
témoignage d’amour dans la diaconie.

  1. Accomplissant sa mission de salut dans le monde, l’Église orthodoxe prend activement soin de tous ceux qui ont besoin d’aide, des affamés, des nécessiteux, des malades, des handicapés, des personnes âgées, des opprimés, des captifs, des prisonniers, des sans-abris, des orphelins, des victimes des catastrophes et des conflits armés, du trafic d’êtres humains et de toute forme d’esclavage de notre époque. Les efforts de l’Église orthodoxe pour surmonter l’extrême dénuement et l’injustice sociale sont une expression de sa foi et un service rendu au Seigneur Lui-même qui s’identifie à tout être humain, surtout à celui qui est dans le besoin : « Tout ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40). Dans sa diaconie sociale polyvalente, l’Église peut coopérer avec les diverses institutions sociales afférentes.
  2. Les antagonismes et les hostilités dans le monde sont aussi générateurs d’injustice et d’inégalité dans le partage des biens de la divine Création entre les individus et les nations. Ils privent des millions d’hommes des biens de première nécessité et conduisent à la précarisation de l’existence humaine. Ils provoquent des émigrations massives de populations, font naître des conflits ethniques, religieux et sociaux qui menacent la cohésion interne des sociétés.
  3. L’Église ne peut rester indifférente face aux processus économiques qui influencent de manière négative l’humanité entière. Elle insiste sur la nécessité de bâtir l’économie sur des principes moraux pour qu’elle soit au service des hommes, suivant l’enseignement de l’apôtre Paul : « c’est en peinant qu’il faut venir en aide aux faibles et se souvenir des paroles du Seigneur Jésus, qui a dit lui-même : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Ac 20, 35). Basile le Grand écrit que« le but que chacun doit avoir dans son travail est donc de venir en aide aux indigents et non de parer à ses propres besoins » (Grandes Règles, 42. PG 31, 1025A).
  4. Entre riches et pauvres le fossé se creuse dramatiquement, à cause de la crise économique qui résulte ordinairement d’une spéculation effrénée de la part de certains agents financiers, d’une accumulation de la richesse entre les mains de quelques-uns et d’une activité économique faussée qui, privée de justice et de sensibilité humaine, ne sert pas finalement les besoins de l’humanité. Une économie viable est une économie qui combine l’efficacité à la justice et à la solidarité sociale.
  5. Dans ces conditions tragiques, on peut comprendre l’immense responsabilité de l’Église dans la lutte contre la faim et toute forme de misère qui sévissent dans le monde. Ce phénomène de notre époque, où les pays vivent dans un système d’économie mondialisée, est révélateur de la grave crise d’identité qui sévit dans monde moderne, parce que la faim ne met pas seulement en danger le don divin de la vie de peuples entiers, mais affecte aussi la grandeur et la sacralité de la personne humaine, et en même temps outrage Dieu lui-même. Pour cette raison, si le soin de notre propre alimentation est un sujet matériel, le soin de la nourriture de notre prochain est un sujet d’ordre spirituel (Jc 2, 14-18). Il incombe donc aux Églises orthodoxes de se montrer solidaires et d’organiser leur aide de manière efficace aux frères nécessiteux.
  6. La sainte Église du Christ dans son corps catholique, qui inclut en son sein de nombreux peuples de la terre, met en avant le principe de solidarité humaine, et encourage une collaboration plus poussée des peuples et des États pour la solution pacifique des conflits.
  7. L’imposition croissante à l’humanité d’un mode de vie de plus en plus consumériste, privée de tout appui sur les valeurs morales chrétiennes, est pour l’Église une cause de préoccupation. Dans ce sens, ce consumérisme combiné avec la globalisation sécularisée tend à amener les peuples à la perte de leurs racines spirituelles, de leur mémoire historique et à l’oubli des traditions.
  8. Les médias tombent souvent sous le contrôle de l’idéologie du globalisme libéral et servent de promoteurs du consumérisme et de l’immoralité. Les cas de traitement irrespectueux, voire blasphématoire, des valeurs religieuses, provoquant de la sorte discordes et révoltes dans la société, suscitent une inquiétude particulière. L’Église avertit ses fidèles du danger de manipulation des consciences par les médias, de leur utilisation non pour rapprocher les individus et les peuples, mais pour les manipuler.
  9. L’Église est de plus en plus confrontée – dans la diffusion de sa doctrine et l’accomplissement de sa mission salvatrice pour l’humanité – à des manifestations de la sécularisation. L’Église du Christ est appelée à élaborer et à manifester son témoignage prophétique en s’appuyant sur l’expérience de la foi rappelant de la sorte sa vraie mission dans le monde, en « proclamant » le Royaume de Dieu et en cultivant la conscience d’unité de ses fidèles. Un grand champ d’action s’ouvre à elle, étant donné qu’elle présente ainsi au monde fragmenté la communion et l’unité eucharistique, en tant qu’élément essentiel de son enseignement ecclésiologique.
  10. La volonté d’une croissance constante du bien-être et la consommation effrénée entraînent inévitablement l’utilisation disproportionnée et l’épuisement des ressources naturelles. Le monde créé par Dieu pour être cultivé et gardé par l’homme (cf. Gn 2, 15), subit les conséquences du péché humain : « Livrée au pouvoir du néant – non de son propre gré, mais par l’autorité de celui qui l’a livrée –, elle garde l’espérance, car elle aussi sera libérée de l’esclavage de la corruption, pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons en effet : la création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l’enfantement » (Rm 8, 20-22).La crise écologique actuelle, liée aux changements climatiques et au réchauffement de la planète, rend impérative l’obligation de l’Église de contribuer, par les moyens spirituels dont elle dispose, à la protection de la création de Dieu contre les effets de l’avidité humaine. L’avidité qui consiste à satisfaire les besoins matériels amène à l’appauvrissement spirituel de l’homme et à la destruction de l’environnement. Il ne faut pas oublier que les ressources naturelles de la planète ne sont pas propriété de l’homme, mais du Créateur : «C’est au Seigneur qu’appartient la terre, avec tout ce qui s’y trouve, le monde avec tous ceux qui l’habitent » (Ps 23, 1). Ainsi, l’Église orthodoxe met l’accent sur la protection de la création divine en cultivant le sens de responsabilité envers l’environnement, qui est don de Dieu, et mettant en avant les vertus de frugalité et de modération. Nous devons nous souvenir que ce ne sont pas seulement les générations actuelles mais aussi celles à venir qui ont droit aux biens naturels que le Créateur nous a donnés.
  11. Pour l’Église orthodoxe, la faculté de recherche scientifique constitue un don de Dieu fait à l’homme. En affirmant cela, l’Église orthodoxe souligne, en même temps, les périls que cache l’utilisation de certains exploits scientifiques. Elle considère que le scientifique est libre de faire des recherches, mais qu’il doit y mettre un terme quand les principes chrétiens et humanitaires sont violés : «“Tout m’est permis”, mais tout ne convient pas » (I Co 6, 12) et Grégoire le Théologien, d’ajouter : « Le bien n’est plus bien si les moyens sont mauvais » (Or. Théol. I, 4. PG 36, 16C). Cette perception de l’Église s’avère indispensable, à plus d’un titre, pour délimiter correctement la liberté et mettre en valeur les fruits de la science, pour laquelle on prévoit des accomplissements dans presque tous les domaines, en particulier celui de la biologie, mais non dépourvus de risques. À ce propos nous soulignons le caractère incontestablement sacré de la vie humaine, dès sa conception.
  12. Au cours de ces dernières années, on remarque un développement fulgurant marqué par les biosciences et la biotechnologie qui leur est liée, dont de nombreux exploits sont considérés bénéfiques pour l’homme, alors que d’autres posent de dilemmes éthiques ou sont considérés rejetables. L’Église orthodoxe considère que l’homme n’est pas simplement un ensemble de cellules, de tissus et d’organes, et qu’il n’est pas uniquement déterminé par des facteurs biologiques. L’homme est créé à l’image de Dieu (Gn 1, 27) et il faudra le traiter avec le dû respect. La reconnaissance de ce principe fondamental mène à la conclusion que dans la recherche scientifique et l’application pratique des nouvelles découvertes et inventions, il importe de sauvegarder le droit absolu de tout homme à être traité avec respect et honneur à chaque étape de sa vie, ainsi que la volonté de Dieu, telle que révélée dans la création. La recherche doit tenir compte des principes moraux et spirituels, et des lois chrétiennes. Il est aussi indispensable que l’homme se montre respectueux vis-à-vis de la création, que ce soit dans l’usage qu’il en fait ou dans sa recherche scientifique, en obéissant au commandement que Dieu lui a donné (cf. Gn 2, 15).
  13. En ces temps de sécularisation, on voit tout particulièrement apparaître le besoin d’exalter l’importance de la sainteté de vie dans l’optique de la crise spirituelle qui caractérise la civilisation moderne. La confusion entre liberté et vie licencieuse conduit à l’augmentation de la criminalité, la destruction et la profanation des sanctuaires et à la disparition du respect pour la liberté de son prochain et pour la sacralité de la vie. La tradition orthodoxe, s’étant formée à travers l’expérience pratique des vérités chrétiennes, est porteuse de spiritualité et de morale ascétique, qu’il faut exalter et promouvoir tout particulièrement de nos jours.
  14. La sollicitude pastorale spécifique de l’Église pour l’éducation en Christ de la jeunesse est permanente et infaillible. Il est évident que la responsabilité pastorale de l’Église s’étend aussi à l’institution d’ordre divin de la famille ; la famille s’est toujours et nécessairement appuyée sur le saint sacrement du mariage chrétien, en tant qu’union d’un homme et d’une femme, qui représente l’union du Christ et de Son Église (Ep 5, 32). Ceci devient d’actualité, vues les tentatives de légalisation dans certains pays et de justification théologique dans certaines communautés chrétiennes des formes de cohabitation opposées à la tradition et doctrine chrétienne. Attendant la récapitulation de tout dans le corps unique du Christ, l’Église rappelle à tout être humain venant au monde que le Christ viendra à nouveau lors de son Second Avènement pour « juger les vivants et les morts » (I P 4, 5) et que « son règne n’aura pas de fin » (Lc 1, 33).
  15. À l’époque contemporaine, comme de tout temps, la voix prophétique et pastorale de l’Église, la parole rédemptrice de la Croix et de la Résurrection, s’adresse au cœur de l’homme et l’exhorte, avec l’apôtre Paul, à adopter et vivre « tout ce qui est noble, juste, pur, digne d’être aimé, d’être honoré » (Ph  4, 8). L’Église propose l’amour sacrificiel de son Seigneur Crucifié comme la seule voie vers un monde de paix, de justice, de liberté et de solidarité entre les individus et les peuples dont l’unique et ultime mesure est toujours le Christ sacrifié pour la vie du monde (cf. Ap 5, 12), c’est-à-dire l’Amour infini du Dieu en la Trinité, le Père et le Fils et le Saint-Esprit, à qui appartiennent le règne, la puissance et la gloire dans les siècles des siècles. Amen.

† Bartholomaios de Constantinople, président

† Théodore II d’Alexandrie

† Théophile III de Jérusalem

† Irénée de Serbie

† Daniel de Roumanie

† Chrysostome de Chypre

† Jérôme d’Athènes et toute la Grèce

† Sava de Varsovie et toute la Pologne

† Anastase de Tirana et toute l’Albanie

† Rastislav de Presov, des Pays tchèques et de Slovaquie

Délégation du Patriarcat œcuménique

† Léon de Carélie et toute la Finlande

† Étienne de Tallin et toute l’Estonie

† Jean du siège majeur de Pergame

† Démètre du siège majeur d’Amérique

† Augustin d’Allemagne

† Irénée de Crète

† Isaïe de Denver

† Alexis d’Atlante

† Jacques des Îles-des-Princes

† Joseph de Proikonissos

† Méliton de Philadelphie

† Emmanuel de France

† Nicétas de Dardanelles

† Nicolas de Detroit

† Gérasime de San Francisco

† Amphiloque de Kisamos et Sélinos

† Ambroise de Corée

† Maxime de Silivri

† Amphiloque d’Andrinople

† Calliste de Dioclée

† Antoine d’Hiérapolis, chef des orthodoxes ukrainiens aux États-Unis d’Amérique

† Job de Telmessos

† Jean de Charioupolis, chef de l’Exarchat patriarcal des paroisses orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale

† Grégoire de Nysse, chef des orthodoxes carpatho-ruthènes aux États-Unis d’Amérique

Délégation du Patriarcat d’Alexandrie

† Gabriel du siège majeur de Léontopolis

† Macaire de Nairobi

† Jonas de Kampala

† Séraphin du Zimbabwe et Angola

† Alexandre du Nigeria

† Théphylactos de Tripolis

† Serge du Cap de Bonne-Espérance

† Athanase de Cyrène

† Alexis de Carthage

† Jérôme de Mwanza

† Georges de Guinée

† Nicolas d’Hermoupolis

† Démètre d’Irénoupolis

† Damascène de Johannesburg et Pretoria

† Narcisse d’Accra

† Emmanuel de Ptolémaïs

† Grégoire du Cameroun

† Nicodème métropolite de Memphis

† Mélèce du Katanga

† Pantéléimon de Brazzaville et du Gabon

† Innocent du Burundi et du Rwanda

† Chrysostome de Mozambique

† Néophyte de Nieri et du Kenya

Délégation du Patriarcat de Jérusalem

† Benoît de Philadelphie

† Aristarque de Constantine

† Théophylactos du Jourdain

† Nectaire d’Anthidone

† Philoumène de Pella

Délégation de l’Église de Serbie

† Jean d’Ohrid et Skopje

† Amphiloque de Monténégro et du Littoral

† Porphyre de Zagreb et de Ljubljana‎

† Basile de Syrmie

† Lucien de Budimlje-Nikšić

† Longin de Nova Gračanica

† Irénée de Bačka

† Chrysostome de Zvornik-Tuzla

† Justin de Žiča

† Pacôme de Vranje

† Jean de Šumadija

† Ignace Braničevo

† Photius Dalmatie

† Athanase Bihać-Petrovac

† Johanikije Budimlje-Nikšić

† Grégoire de Hum-Herzégovine et du littoral

† Milutin de Valjevo

† Maxime en Amérique occidentale

† Irénée en Australie et Nouvelle-Zélande

† David de Kruševac

† Jean de Pakrac et Slavonie

† André en Autriche et Suisse

† Serge à Frankfort et en Allemagne

† Hilarion du Timok

Délégation de l’Église de Roumanie

† Théophane d’Iași, Moldavie et Bucovine

† Laurent Sibiu Transylvanie

† André de Vad, Feleac, Cluj, Alba Iulia, Crişana et Maramureş

† Irénée de Craiova et Olténie

† Jean de Timişoara et du Banat

† Joseph en Europe occidentale et méridionale

† Séraphin en Allemagne et Europe centrale

† Niphon de Târgovişte

† Irénée d’Alba Iulia

† Joachim de Roman et Bacau

† Cassien du Bas-Danube

† Timothée d’Arad

† Nicolas en Amérique

† Sophronios d’Oradea

† Nicodème de Strehaia et Severin

† Bessarion Toulcea

† Petronios de Salaj

† Silvain en Hongrie

† Silvain en Italie

† Timothée, en Espagne et au Portugal

† Macaire en Europe du nord

† Barlaam de Ploesti, auxiliaire du Patriarche

† Emilien de Łovistea, auxiliaire de l’archevêque de Râmnic

† Jean-Cassien Vikin, auxiliaire de l’archevêque en Amérique

Délégation de l’Église de Chypre

† Georges de Paphos

† Chrysostome de Kition

† Chrysostome de Cyrénie

† Athanase de Lemessos

† Néophyte de Morphou

† Basile de Constantia-Famaguste

† Nicéphore de Kykkos et Tyllérie

† Isaïe de Tamassos et Orinie

† Barnabé de Trimythonte et Lefkara

† Christophe de Karpassia

† Nectaire d’Arsinoé

† Nicolas d’Amathonte

† Epiphane de Ledra

† Léonce de Chytres

† Porphyre de Néapolis

† Grégoire de Mésorée

Délégation de l’Église de Grèce

† Procope de Philippes, Néapolis et Thasos

† Chrysostome de Péristérion

† Germain d’Elide

† Alexandre de Mantineia et Cynourie

† Ignace d’Arta

† Damascène de Didymoteichon, Orestias et Soufli

† Alexis de Nicée

† Hiérothéos de Naupacte et Saint-Blaise

† Eusèbe de Samos et Icarie

† Séraphin de Kastoria

† Ignace de Dimitrias et Halmyros

† Nicodème de Cassandrie

† Ephrem de Hydra, Spetses et Égine

† Théologos de Serrès et Nigrita

† Macaire de Sidirokastron

† Anthime d’Alexandroupolis

† Barnabé de Néapolis et Stavroupolis

† Chrysostome de Messénie

† Athénagoras d’lion, Acharnes et Petropoulis

† Jean de Langada, Litis et Rentine

† Gabriel de Nouvelle-Ionie et Philadelphie

† Chrysostome de Nicopolis et Préveza

† Théoclet de Hiérissos, mont Athos et Ardamérion

Délégation de l’Église de Pologne

† Simon Łodz et Pozńan

† Abel Lublin et Cheł

† Jacques de Białstok et Gdańsk

† Georges de Siemiatycze

† Païssios de Gorlice

Délégation de l’Église d’Albanie

† Jean Korçë

† Démètre d’Argyrocastre

† Nicolas d’Apollonie et Fier

† Antoine d’Elbasan

† Nathanaël d’Amandia

† Asti de Bylis

Délégation de l’Église des Pays tchèques et de Slovaquie

† Michel de Prague

† Isaïe Sumperk